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Première expérience

«Je vous invite ici à partager ma première expérience de la cartomancie. Celle-ci a d'ailleurs eu lieu bien avant que je ne découvre le Tarot.

Mon enfance ne m'avait guère spécialement préparé à telle rencontre. Tout au plus, j'avais potassé quelque peu un dictionnaire d'occultisme (L'Occultisme, Julien TONDRIAU, coll. Marabout Université, n°38, éd. Gérard & Co, Verviers, 1964) vers l'âge de douze/treize ans. Ainsi que l'une ou l'autre revue dédiée au paranormal et, surtout, aux fantômes.

A l'adolescence, si l'on met à part la lecture d'un ouvrage sur la numérologie (ABC de la Numérologie, Jean Daniel FERMIER, éd. Jacques Grancher, Paris, 1984), je pouvais plutôt être considéré comme un rationnaliste convaincu et athé.

Ma véritable première confrontation au phénomène de la cartomancie a eu lieu en tant que simple spectateur, un an avant la terminale, quand un prof de morale a effectué un tirage avec un jeu classique de 32 cartes pour une condisciple de classe... A vrai dire, je n'ai plus beaucoup de souvenirs de l'événement. J'ai le sentiment que ce dernier m'avait semblé plutôt anodin... Rien de véritablement extraordinaire qui puisse ébranler mes conceptions ne s'était alors produit.

C'est à l'âge de vingt ans, l'esprit plutôt cartésien, mais ouvert, que j'ai réellement commencé à me poser des questions sur la Cartomancie... Je me souviens très nettement que dans les derniers mois de mes dix-neuf ans, j'avais ressorti mon livre de numérologie, les photocopies de mon ancien prof de morale sur les significations des 32 cartes et j'avais composé une grille d'interprétation personnelle pour le jeu de 52 cartes. Fort vraissemblablement en prévision d'un tirage d'essai.

Cette grille était basée sur la symbolique des couleurs (Coeurs, carreaux, trèfles et piques) et la numérologie. Toutefois, je n'ai jamais fait le tirage... En fait, j'ai retrouvé cette grille bien des années après le tirage que je décris ci-dessous et je suis resté surpris de voir à quel point elle collait aux interprétations classiques qu'à l'époque je ne connaissais guère.

Un autre événement, qui a peut-être été également déterminant dans le parcours qui m'a conduit à ce premier tirage, est le fait que dans les premiers mois de mes dix-neuf ans, alors que je venais d'entrer dans une nouvelle école, j'ai vu, pendant pratiquement trois jours, les auras... Je ne comprenais pas ce que je voyais. Et cela m'a fortement troublé...

C'est ainsi qu'à vingt ans, très cartésien, mais ouvert, j'ai acheté mon premier livre sur la cartomancie (Le guide Marabout de la Cartomancie, Frédéric MAISONBLANCHE, éd. Marabout, GM 19, 1983). Je l'avais choisi parce qu'il comprenait les interprétations de toutes les cartes et illustrait beaucoup de jeux. J'avais effectué cet achat dans un objectif bien précis : essayer !

Ce livre avait toutefois, pour moi, un défaut commun à beaucoup d'entre eux : en ce qui concerne le jeu de cartes classique, seules les significations du jeu de 32 cartes sont données. Je trouvais ces significations bien maigres à côtés de celles d'un autre jeu de 52 cartes reproduit intégralement dans le livre, avec les interprétations divinatoires proposées pour chacune des cartes en position droite ou renversée. Le jeu en question est la Sybille des Salons (éd. Grimaud).

J'étais résolu à faire une expérience. Plus par curiosité... Je partais sans à priori, curieux de ce qui allait se produire. Ouvert à toutes les éventualités. Soit cela ne donnerait rien (et dans, ce cas, tout était OK, c'était bien du fantasme, comme les gens rationnels s'accordent à le penser), soit cela fonctionnerait... Deux de carreau

J'ai donc pris un bête jeu de 52 cartes usagé... J'ai pris mon livre et comme il n'était pas évident de savoir si un deux de carreau se trouve droit ou renversé, j'ai commencé par recopier sur chacune des cartes les en-têtes de la Sybille des Salons (voir photo ci-contre). Mes souvenirs, sur ce point, ne sont plus très précis, mais il me semble que j'ai laissé le jeu de côté pendant quelques jours avant de me sentir prêt pour mon premier tirage.

Il se passait à ce moment pour moi, comme c'est souvent le cas à cet âge, quelque chose d'important sur le plan sentimental. En recopiant les en-têtes, il apparaissait comme évident que, si cela fonctionnait, certaines cartes auraient de fortes chances de sortir. Sur le paquet de 52, il y en avait plus ou moins huit.

Je me souviens avoir brassé les cartes et en avoir tiré six, suivant la méthode de tirage que j'avais choisie dans mon bouquin. Résultat : parmi les six cartes sorties, il y en avait cinq des huit que je pouvais légitimement m'attendre à voir sortir. En fait de test, ce fût une véritable claque dans la figure ! Je me rendais compte de l'impropabilité statistique face à laquelle je me trouvais. Je devais dès lors très sérieusement envisager de renouveler l'expérience avec l'idée que j'allais peut-être devoir remettre en question tout ce que l'on m'avait appris durant les vingt premières années de ma vie...

Le fait est que, quelques jours après, j'ai effectué un deuxième tirage. Je ne m'en souviens pas aussi nettement. Il était sans doute moins saisissant, mais il devait en rajouter une sérieuse couche sur le plan de l'improbabilité statistique... Car, suite à ce tirage, j'ai commencé à tirer tous les soirs et, ce, pendant pratiquement un an.

Je n'essayais même pas d'interpréter, je mémorisais simplement les cartes, les rangeais comme elles étaient apparues. Puis, je vivais normalement la journée du lendemain et, sans cesse, j'étais surpris de l'étroitesse de la relation entre les cartes apparues la veille et les événements du jour...

Voilà mon récit personnel. Je ne peux le conclure sans ajouter cette petite vérité statistique : Obtenir cinq cartes sur six tirées correspondant à un choix de huit cartes dans un lot de 52, cela correspond à une chance sur un peu plus 8000. Et un événement à une chance contre 8000 qui se réalise du premier coup... Je pense que les adeptes des jeux de hasard et calculs de probabilités comprendront parfaitement ce que cela signifie !»

Février 2003.

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© 2003 - 2006, Stefan LAURENT.